L’AQUEDUC  DE  CAHORS

Sommaire Le Contexte Le Captage Tunnels Ouvrages Cahors Les aqueducs Restauration Conclusion

L'icone permet d'afficher un schéma, un plan ou une image en pop-up, en cliquant sur cet icone il s'affichera dans une nouvelle fenêtre.

L'aqueduc arrivait donc en haut de la ville de Cahors. A cet endroit là, situé entre "la Barbacane" et la rue E. Zola se trouvait LE COMPLEXE DE REPARTITION ; il comprenait certainement le grand réservoir-château d’eau classique, divisé en plusieurs citernes couvertes jouant le rôle de bassins de décantation. A la sortie, l’eau, contrôlée dans le bassin de répartition était dirigée au moyen de vannes et de conduits (terre cuite ou plomb) vers les "consommateurs ".

La répartition de l’eau se faisait inégalement :

  • Un circuit alimentait les FONTAINES PUBLIQUES ; eau potable, gratuite, réservée à la consommation, l’eau des trop-pleins étaient revendue aux artisans pour les "besoins industriels ".
  • Un circuit alimentait les MAISONS PARTICULIERES : pour leurs bains, leurs jardins, leurs cuisines, les particuliers payaient … cher !
  • Un circuit alimentait le FORUM, le THEATRE, les TEMPLES, les THERMES … et leurs JARDINS SPLENDIDES où un lac artificiel offrait les charmes de la natation … là, les taxes, droits d’entrées, offrandes, apportaient des ressources suffisantes pour entretenir très soigneusement l’ensemble des bâtiments et surtout l’AQUEDUC.

On comprend mieux pourquoi la destruction des THERMES supprimant les revenus, fut fatales à l’aqueduc alors que les coupures effectuées sur le chenal "pour prendre la ville " étaient minimes et vite réparées.

    Les thermes dont le vestige le plus visible est l'Arc de Diane on fait  l'objet de fouilles en 1953-1954 lors du suivi des travaux de construction de l’école du « groupe scolaire nord » par plusieurs membres de la Société des Études du Lot ce qui a permis l’étude de M. Labrousse, alors Directeur régional des antiquités historiques. Le chercheur a distingué trois phases d’aménagements. La première a été mal perçue, mais ne semble pas avoir un caractère thermal bien attesté. Le second état qui concerne bien des thermes est daté de la fin du 1er ou du début du IIème puis, l’ultime phase de transformations de la fin du IIIème siècle auquel appartient l’Arc de Diane (qui n’est pas une porte monumentale mais une arcade s’ouvrant sur un bassin), va perdurer jusqu’au IVème ou peut-être début Vème siècle. La fouille a démontré un abandon de ces thermes publics qui couvraient une emprise de 3.000 m2 pour une transformation en habitat de tout cet ensemble à l’extrême fin du Bas Empire.  

  Au premier siècle de notre ère, Pline l’ancien nous rappelle fort opportunément que « ce sont les eaux qui font la ville ». Partant de ce principe, l’utilisation en abondance de l’eau potable pour alimenter les réseaux privés, les fontaines, les bains publics a imposé pour Cahors la construction d’un aqueduc. Alimentant la ville sur son point le plus élevé, il permettait une diffusion de l’eau potable dans la totalité de la ville urbanisée. Après utilisation, et par simple gravitation, les eaux usées terminaient leur cycle à travers les égouts dans la rivière du Lot. C’est ce point crucial qui a engendré la réalisation de cet ouvrage d’art long de trente trois kilomètres, même si, bien entendu, le ravitaillement à la rivière, aux fontaines de St. Georges et des Chartreux ou aux puits révélés par les fouilles venait compléter les besoins.